Samedi 3 décembre 2011 6 03 /12 /Déc /2011 09:53

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C'est avec un grand plaisir que je serai présent lors de la nuit Dans l'ombre de Philip K. Dick au cinéma Lux de Caen le 9 décembre 2011, tandis que le metteur en scène Joris Mathieu présentera dans cette même ville sa pièce Urbik/Orbik d'après un roman éponyme de Lorris Murail mettant en scène Philip K. Dick (j'en parlerai bientôt). Caen va donc, l'espace d'une soirée et d'une nuit, se transformer en ville dickienne !

Un rendez-vous dickien à ne pas manquer

La nuit Dans l'ombre de Philip K. Dick promet d'être un grand moment pour les fans de l'écrivain et de cinéma de science-fiction en général, puisqu'il y aura :

  • une table ronde animée par Plan B, où Thomas Cazals (réalisateur du documentaire Adickted) et moi-même (j'écris actuellement un livre) discuterons de l'oeuvre de Philip K. Dick, l'auteur visionnaire d'Ubik et de Blade Runner et de son héritage cinématographique ;
  • 9 films dickiens projetés dont 4 adaptations officielles de Philip K. Dick (Minority Report, Total Recall, A Scanner Darkly, Paycheck), 4 films qui portent en eux la marque de l'écrivain (eXistenZ, Source Code, Cypher, Southland Tales), et le documentaire Adickted sur son influence dans la culture. Thomas Cazals et moi-même présenterons certains de ces films.
  • Et comme le nuit sera longue, il y aura un repas et un petit déjeuner offert, car parfois, pour reprendre ce qu'écrivait Philip K. Dick dans La Transmigration de Timothy Archer, il faut oublier les mots et manger le sandwich !

Je vous invite donc dès maintenant à consulter le programme complet sur le site de la nuit Dans l'ombre de Philip K. Dick et à venir nombreux à Caen pour cette nuit unique ! Pour ceux qui ne pourront pas, je vous tiens au courant de la retransmission de la table ronde. Merci beaucoup au cinéma Lux, à Benjamin Cocquenet et toute l'équipe de Plan B de m'avoir invité.

 

Dossier sur Philip K. Dick et ses adaptations au cinéma (Blade Runner, Total Recall, Minority Report...)

Par Jérémy Zucchi - Publié dans : Philip K. Dick et le cinéma - Communauté : Simulacres de Philip K. Dick
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Samedi 5 novembre 2011 6 05 /11 /Nov /2011 19:46

J'ai beaucoup appris en dessinant d'après des oeuvres de grands maîtres, mais peut-être plus par les images tirées de films que je n'avais pourtant jamais vu, mais qui frappaient mon imagination. Lorsque j'étais au collège surtout, je feuilletais les Express que recevaient mes parents, lisant des articles, mais surtout recherchant des images fortes à dessiner. Ce n'était que du "recopiage", un pur exercice technique. Le supplément magazine de L'Express attirait mon regard par ses photos de ballets, de pièces de théâtres et de films. Sur des feuilles Canson A4, je dessinais les photos qui me plaisaient, qui étaient assez petites (trois centimètres par quatre environ), et de plus en plus, sans le vouloir, je me suis mis à lire toutes les critiques de films parus dans ce magazine, à vraiment m'intéresser au cinéma. Je rêvais ces films que, pour la plupart, je n'ai toujours pas vu.

Deux dessins d'un grand acteur, par un gamin

J'ai donc voulu vous montrer deux portraits de l'immense acteur Lino Ventura, réalisés lorsque j'avais 12 et 13 ans, le premier au crayon, l'autre au pastel gras. J'adorais et adore toujours Lino Ventura et ses films, que ce soit Les Tontons flingueurs, Les Barbouzes, Le Silencieux (magnifique film), L'Armée des Ombres, Garde à vue... Il avait un jeu d'une économie et d'une justesse folle, une force non dénuée de fragilité, un grand coeur dans un corps de pierre. Le premier dessin a été fait d'après une photo du film Les Misérables de Robert Hossein (1982, je ne l'ai pas vu), le second d'après la photo diffusée par son association Perce-Neige.

Lino Ventura dans Les MisérablesLino Ventura dans Les Misérables, crayon sur papier, 21 x 21 cm, 1998.
Lino Ventura, dessin d'après la photo pour Perce-Neige
Lino Ventura, dessin d'après la photo pour Perce-Neige, pastel gras sur papier, 23 x 32 cm, 1999.

 

C'est toujours avec un peu d'émotion que je revois ces "vieux" dessins (quand on est jeune, tout ou presque est vieux), d'une adolescence surtout occupée à lire et à dessiner pendant des heures, tous les jours en rentrant du collège. C'est comme ça que j'ai appris à dessiner et à connaître le cinéma.

Par Jérémy Zucchi - Publié dans : Cinéma - Communauté : Dessin, peinture, pastel...
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Lundi 12 septembre 2011 1 12 /09 /Sep /2011 20:16

Affiche du film Emprise (Bill Paxton, 2001)J'ai tellement peu mis à jour ce blog que j'ai complètement oublié de vous dire que j'avais gagné le prix du Meilleur Blog OVNI décerné par le C.O.B.C. qui récolte les votes d'autres blogueurs. Ce prix récompensant les blog atypiques aux graphismes originaux, il me convient parfaitement et je suis très heureux de l'avoir reçu ! Je remercie Bruce Kraft et sa bande qui nous ont envoyé à chacun un petit cadeau, le DVD du film de Bill Paxton Emprise (2001) dont voici la critique. Je fais vite pour l'écrire, je suis en retard, car je monte deux films en ce moment, mais chut ! ce n'est pas le moment d'en parler...

Le secret, justement, est au coeur du film Emprise où, à la fin des années 70 dans une petite ville de la campagne Texane, un père incarné par Bill Paxton confie soudain à ses deux fils qu'un ange envoyé de Dieu lui a revelé la présence de démons sur Terre à éradiquer. Bientôt, l'ange lui transmettra la liste des hommes et des femmes qui cachent ces démons à détruire (séquences de visions par ailleurs brillantes). Bien sûr, ce père veuf, qui semblait jusque-là aimant et doux, compte sur ses deux fils pour l'aider dans sa tâche... Son fils aîné, Fenton, a beau lui répéter sans cesse que c'est de la folie et qu'ils tueront des innocents, le père persiste à lui répondre qu'il ne commettra aucun meurtre, puisque ce ne sont pas des humains... L'extermination commence.

Authenticité et recettes de cuisine

A partir de ce point de départ intéressant et dérangeant, l'acteur Bill Paxton (Aliens, Titanic, Appolo 13...) réalise un film efficace où les maladresses sont compensées par une authenticité évidente. On ne peut qu'être un peu déçu quand on voit le film Emprise après avoir lu les citations dithyrambiques de la jaquette du DVD, de Stephen King, Sam Raimi et James Cameron (qui comme Bill Paxton a débuté sur les productions Roger Corman), mais Emprise, sous ses airs de série B d'horreur efficace, est un film qui témoigne avant tout, comme je le disais, d'une recherche d'authenticité qui n'est pas une pose, mais un vrai choix d'auteur. Bill Paxton s'attache à méticuleusement reconstituer une petite ville de la fin des années 70, et sa relation dans le film avec les jeunes acteurs qui jouent ses fils (plutôt bons) est si crédible que l'intrigue dérangeante du film acquiert une puissance émotionnelle rare dans les thrillers ou films d'horreur du créneau où Emprise se trouve. On est loin des schémas habituels et de ses stéréotypes, et Bill Paxton ose suggérer l'horreur vue par les yeux de deux enfants et commise par leur père qu'ils aiment pourtant, et qui semble si bon. 

Bill Paxton dans Emprise (Bill Paxton, 2001)

Même si je ne suis pas fan du tout du gore (et encore moins de la tendance Saw actuelle), je regrette que Bill Paxton n'ait pas plus mis d'hémoglobine dans le film. On attend sans cesse de voir une horreur qui ne vient pas, ce qui est assez efficace, mais aseptise cette plongée dans la folie. De même, Fenton séquestré dans la cave joue de manière trop évidente la faim et la soif, comme si le film ne pouvait que représenter superficiellement l'horreur qu'il veut évoquer.

Malgré tout, la grande qualité d'Emprise est la simplicité de sa mise en scène, qui permet au film de ne pas sombrer dans le racolage tapageur. Avec des cadres et un découpage simples mais bien pensés, Bill Paxton laisse place à la suggestion mais, malgré tout, sombre à de trop nombreuses reprises dans l'explication de texte un peu balourde : on ne compte plus les dialogues entre son fils Fenton et lui de type : "Papa, tu ne peux pas faire ça, tu tue des gens ! - Non, je ne les tue pas, car ce sont des démons !" De même, la construction en flash-back, plutôt habile, est à la longue répétitive et nuit au rythme du film. Il manque surtout à Emprise du temps pour laisser vivre ses personnages avant de les faire sombrer dans l'horreur, et pour compenser l'artificialité de sa narration.

Bill Paxton dans Emprise (Bill Paxton, 2001)

Malgré ses maladresses et ses quelques facilités, Emprise aurait pu être la chronique dérangeante et émouvante de serial-killers "angéliques", entre enfance et horreur, réalité et folie transmise par les mots du père. Quel dommage dès lors que le film cède à la mode du twist over, retournement final dont le modèle (surestimé à mon goût) est Usual Suspects (Bryan Singer, 1994)... Alors pour ceux qui n'ont pas vu Emprise, je me permets de préciser que la suite de cette critique va spoiler de fond en comble... Donc, ne lisez pas la suite...

Matthew McConaughey dans Emprise (Bill Paxton, 2001)

Du thriller au film fantastique

Vous lisez toujours? Vous avez donc vu le film, ou alors... et bien tant pis pour vous ! Vous saurez donc que le personnage incarné par Matthew McConaughey, qui prétend être Fenton, le fils rationnel qui raconte en flash-back l'histoire, et bien ce Fenton n'est pas Fenton, mais Adam, son jeune frère qui lui croyait les paroles de leur père ! La mèche est vendue dès le début du film qui, comme l'a très bien fait remarquer Cécile Desbrun, décalque celui de Usual Suspects. Quelqu'un qui vient au siège du FBI (de Dallas ici) tout raconter, la vérité rien que la vérité, on n'y croit plus trop... Le problème, c'est que ce rebondissement survient aussi brutalement qu'on retourne un objet, et pour quoi? Pour nous révéler que le père disait vrai, que ceux qu'ils tuaient étaient des démons dont ils pouvaient percevoir les crimes en les touchant. Lorsqu'il touche le bras de l'enquêteur du FBI chargé de l'enquête, Adam voit ce dernier tuer sa mère.

Ce ne sont pas simplement des prémonitions, ou une intuition immense. Non, c'est la main de Dieu qui protège Adam comme elle protègeait son père, c'est Elle qui brouille les souvenirs d'un policier qui avait vu Adam, ainsi que l'image des caméras de surveillance. Au retournement de situation succède un retournement total de point de vue sur les événements. C'est un changement de réalité, mais aussi un changement de genre, puisque nous basculons du thriller au film fantastique. Mais c'est surtout un retournement moral et idéologique puisque ceux qui incarnaient la folie religieuse et le meurtre se révèlent être les seuls à connaître la vérité, héros luttant contre le mal. Fenton, le fils rationnel, est relégué au statut de démon contre lequel son frère Adam est amené à lutter depuis que Fenton a tué leur père.

Emprise (Bill Paxton, 2001)

D'une manière qui aurait pu être intéressante si elle avait été vraiment assumée, Adam comme son père sont des héros luttant contre le mal sous leur apparence de psychopathes. La séquence finale d'Emprise est, à ce titre, très ambigue, puisque nous découvrons qu'Adam est shérif, symbolisant son déplacement du mal au bien. Lorsqu'il serre la main d'un policier, il lui dit : "Vous êtes un homme bien". Et, avec à ses côtés celle qu'il aime, il regarde vers le ciel tandis que la caméra sur une grue s'élève et s'éloigne jusqu'à montrer le bâtiment en son entier, et ces deux individus qui semblent le garder. Le shérif a reçu la mission divine d'exterminer le mal, et il le fera.

Basculement de réalité, basculement idéologique?

Le malaise envahissant du film Emprise devient déplaisant lorsque nous savons que le père avait raison. On a dès lors le sentiment d'avoir regardé un thriller chrétien ultra-conservateur, dans la mesure où tout ce qui nous était intolérable (folie religieuse, meurtres, séquestration de Fenton...) s'est révélé être au service du Bien, ou plutôt, de Dieu. Eloge du serial-killer ? Non, car le film conserve malgré tout un peu de son inquiétante tension. Le jeu glacial de Matthew McConaughey nous laisse suggérer qu'une folie réelle est présente en lui, mais le film se conclue aussi brutalement que le retournement de situation a été amené, Emprise s'achève sur ce trou noir très frustrant d'un point de vue scénaristique, et idéologiquement douteux. Originaire du Texas et ayant reçu une éducation religieuse, Bill Paxton n'est sans doute pas le fanatique chrétien que la fin du film peut malheureusement donner à imaginer.

Je veux croire que Bill Paxton a voulu réaliser un thriller authentique et efficace, et évoquer son Etat natal où la religion et la pensée conservatrice, voire réactionnaire, ont une si grande place. Pour toutes ses facettes, son film ne manque pas d'ambition, et témoigne de vraies qualités. Avec audace, Bill Paxton réalisateur a tenté de faire basculer le point de vue du spectateur sur des actes horribles en postulant que tout ce qui est considéré comme impossible, fou, est réel, en nous faisant ainsi pénétrer dans la tête du fou, qui croit en la réalité de ses imaginations. Et quand on a vu le regard effrayant de Bill Paxton qui tue des hommes qu'il croit être des démons, on ne peut rejeter le fait qu'il est bel et bien fanatique, tout comme Adam ! 

Mais Emprise manque d'espace laissé au doute pour que son retournement de situation soit intéressant : le basculement de la réalité au fantastique est ici arbitraire, et ses conséquences idéologiques douteuses nuisent fortement au film car, comme j'ai tenté de l'expliquer, il ne s'agit pas seulement d'un changement de genre. Bill Paxton semble ne pas avoir pris en compte les implications de ce retournement de situation, implications cinématographiques (manipulation des sentiments du spectateur) et éthique. C'est bien dommage, car un film sur des serial-killers angéliques, père et fils, il fallait oser ! 

Bill Paxton dans Emprise (Bill Paxton, 2001)Merci pour cette très belle initiative de Bruce! Lisez aussi les avis de Wade Wilson, La Pellicule Brûle, Critique-film.fr, Phil Siné, 2MuchPoney, Davidéociné, My Screens et Cécile Desbrun (CulturELLEment Vôtre).

Par Jérémy Zucchi - Publié dans : Cinéma - Communauté : LA DERNIERE SEANCE
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Dimanche 21 août 2011 7 21 /08 /Août /2011 12:30

Blade Runner de Ridley Scott, 1982

Il y a quelques mois je vous parlais du rachat des droits du chef-d'oeuvre visionnaire de Ridley Scott, Blade Runner (1982), film que j'ai fouillé jusque dans presque les moindres détails... Mais cela n'est jamais assez, si bien que je comprends parfaitement le désir de replonger dans cet univers, avec les moyens technologiques d'aujourd'hui, d'autant plus que le roman d'origine de Philip K. Dick, Les Androîdes rêvent-ils de moutons électriques? (1968, renommé Blade Runner), est d'une très grande richesse également. Remake, prequel, suite? Tout restait vague, avec Christopher Nolan aux commandes peut-être...

Et bien voilà, comme un rêve qui se réalise, avec quelques appréhensions toutefois, le cinéaste Ridley Scott va explorer à nouveau le monde effrayant et fabuleux de Blade Runner ! Le producteur d'Alcon Entertainment, Andrew Kosove (producteur de The Blind Side ou du Livre d'Eli), explique : «Nous avions quelques plans B (Christopher Nolan en plan B, pas mal quand même, NDLR), mais nous nous sommes concentrés sur notre plan A, qui consistait au recrutement de Ridley! Nous avons donc contacté sa société de production, Scott Free, afin d'organiser un rendez-vous avec le cinéaste. Nous l'avons finalement rencontré à Londres en mars, peu après avoir acquis les droits de la franchise». Franchise, c'est un terme que je déteste, mais bon... toujours est-il que Ridley Scott, convaincu, a décidé de reprendre le projet, il est en train de rencontrer des scénariste et va commencer à constituer une équipe, pour un tournage planifié pour 2013, et une sortie en 2014. On en est loin, mais on peut imaginer la fébrilité des fans et la complexité du travail à venir...

Ridley Scott et Philip K. Dick en 1981, lors de la production de Blade Runner

Ne pas détruire l'imagination

Le producteur Andrew Kosove poursuit :

« Durant la discussion avec Ridley, nous avons abordé plusieurs sujets: Quel serait le nouveau look du film? Comment éviter de ressembler aux nombreux films qui ont rendu hommage au film original? À quel point le nouveau film sera différent de Blade Runner? Ridley, en tant que cinéaste, se concentre toujours sur l'originalité. Je crois qu'il a vu une opportunité pour créer un film très différent de Blade Runner, une sorte de réinvention complète. Tout devra être nouveau, original! C'est pour cette raison qu'il y a peu de chance pour qu'Harrison Ford participe au projet.».

S'il y a peu de chance qu'Harrison Ford reprenne son rôle, cela exclut l'idée d'une suite directe. Heureusement, car cela serait aller dans le mur complètement, étant donné que la force du film réside, en partie du moins, comme une apothéose, sur sa fin ouverte, qui laisse la place à tous les espoirs et les désespoirs. Ridley Scott ne devra pas détruite ce que le philosophe Bachelard nommait, je crois, "l'auréole imaginative de l'image", sa puissance à faire imaginer. Car Blade Runner tire sa force de son pouvoir de suggestion, il nous laisse imaginer le reste de l'univers, tout en nous éblouissant par ce qu'il nous montre. C'est un film en clair-obscur, il nous éblouit tout en possédant de très profondes zones d'ombre. Ridley Scott et son équipe devront insérer ce nouveau film dans une fente très étroite entre ombre et lumière, apporter des éclaircissements sans trop en dire, ne pas plaquer des images sur ce qui est suggéré dans le film original... Et pourtant, comme c'est tentant de mettre en images le monologue final de Roy Batty !

Roy Batty (Rutger Hauer) raconte les beautés de l'univers dans Blade Runner

"J'ai vu tant de chose que vous humains ne pourrez pas croire. De grands navires en feu surgissant de l'épaule d'orion. J'ai vu des rayons fabuleux, des rayons laser, briller dans l'ombre de la porte de tannahauser. Tous ces... moments se perdront... dans l'oubli, comme... les larmes... dans la pluie... Il est temps de mourir."

 

Variations sur Blade Runner  : quelles pistes explorer?

A mon avis, ce sera plus proche de ce qu'il semble faire avec Prometeus par rapport à Alien (1979) : un prequel qui se concentre plus sur l'univers qui a fait naître l'histoire que l'on sait. Et en ce qui concerne la création d'univers, Ridley Scott est un monstre ! Pour ce retour à Blade Runner, on peut imaginer que ce sera centré sur les colonies de l'espace où les réplicants sont réduits à l'esclavage, et aussi sur la disparition des animaux, ce dernier point serait on ne peut plus d'actualité, idem pour les retombées radioactives sur Terre. Donc le film sera, comme une variation sur un même thème. 

Sachant que Ridley Scott a 73 ans et qu'il revisite Blade Runner et Alien, deux de ses oeuvres majeures, oeuvres de jeunesse (mais ô combien maitrisées), on peut aussi imaginer qu'il les relie peut être, comme un seul et même univers, comme Asimov liant Fondation et les Robots. Et ce serait assez cohérent... Bon, je m'avance sans doute beaucoup, je fantasme, et puis c'est vrai qu'il s'agit de deux studios concurrents, la Fox et la Warner... On peut aussi, à raison, dire que tout cela est inutile et n'est que business... Mais bon, n'oublions pas que Ridley Scott est un grand peintre du cinéma, il peint avec la lumière, les décors, les acteurs, la fumée...

Rêvons un peu !

La licorne de Blade Runner (Ridley Scott, 1982)

Source de l'interview : Le Figaro

 

Dossier sur Philip K. Dick et ses adaptations au cinéma (Blade Runner, Total Recall, Minority Report...)

Par Jérémy Zucchi - Publié dans : Philip K. Dick et le cinéma - Communauté : Simulacres de Philip K. Dick
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