Jeudi 19 novembre 2009
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Une chambre, la nuit. Paul (Ivan Gouillon) ouvre les yeux, puis se lève et s'habille. Il murmure quelques mots à l'oreille de sa femme, Christelle (Cécile
Giroud), qui dort paisiblement. Paul s'en va, se noie dans l'obscurité. Christelle reste seule. On apprendra que Paul est mort. Christelle devra alors affronter la mort afin de peut-être
un jour, renaître.
Christelle erre entre son passé qui la poursuit sans cesse, elle revit l'histoire de son couple qui petit à petit partait à la dérive, et doit prendre en main ce présent qui lui semble
désespérément vide.
Pourra-t-elle continuer à vivre dans cet appartement où elle ne semble plus avoir sa place mais où une présence semble la retenir?...
Comment accepter la mort?
C’est avant tout un film sur le deuil, donc la mort. Le projet du film Les Absents peut être résumé en une seule question : Comment représenter la mort au cinéma? Dans un
précédent article, je développe cette question de la représentation de la mort au cinéma, qui me semble être plus proche de l'éternité que du néant. Je vous renvoie à cet article pour une
plus ample réflexion sur ce sujet. Partant de mon expérience sur le film Les Absents, tentative de création d'un espace mental où présent et passé se mêlent, la présence
suggérant l'absence, j'y analyse la fin de Docteur Folamour de Stanley Kubrick, en parallèle avec l'idée de Sergio Leone pour la mort de Robert
de Niro dans Les 900 jours de Léningrad, qu'il n'a pas pu réaliser.
La plongée de Christelle cœur de son passé lui permet de reconnaître sa culpabilité, son mensonge refoulés derrière sa persistance à porter un masque. La clef qui va lui permettre d’ouvrir la
porte de sortie de son appartement, matérialisation de son univers mental, est la libération de la parole. Ces deux êtres s’aiment mais s’éloignent de plus en plus l’un de l’autre.
Ma co-réalisatrice Cécile Desbrun et moi avons tenté d’exprimer par les dialogues, les silences, les gros plans ce non dit et cette distance, qui explose pendant la scène de dispute.
L'absence de la parole est réelle dans les scènes se situant dans le présent dans la mesure où elle reste seule dans son appartement avec ses souvenirs, comme coupée du monde. Il faudra attendre
qu’elle dise « pardonnes-moi… » pour qu’elle puisse dialoguer à nouveau.
Avec l’arrivée des déménageurs, l’extérieur pénètre dans l’appartement : elle s’est enfin délivrée de cet espace mental qui l’emprisonnait. Elle peut enfin renaître, quitter cet appartement et
affronter sa nouvelle vie.
Un tournage très léger, et sans budget !
Nous avons tourné ce
film mi-mars 2007 dans le cadre de l'atelier de réalisation de troisième année de licence à l'Université Lumière Lyon-2, dont Laurent Charles était le
responsable. Nous n'avions pas de société de production, presque pas de budget, ce film a été tourné en cinq jours avec le matériel prêté par notre fac (caméra DV Panasonic 3CCD
semi-professionnelle, pied et micro-perche), un peu d'éclairage prêté par un ami est venu compléter le matériel. Comment pouvions-nous remercier les comédiens Cécile Giroud et Ivan
Gouillon de nous avoir fait confiance, de s'être autant impliqués dans leurs personnages, sans savoir si le film allait être réussi, montrable tout simplement? Réponse : nous devions
faire le meilleur film que nous pouvions faire, c'est un devoir pour tous ceux qui se trouvent engagés dans un tel projet, gratuitement, et pour nous-mêmes évidemment. Je consacrerai un prochain
article à Cécile Giroud et Ivan Gouillon, ces deux comédiens tout autant doués dans les registres tragiques que comiques. Ci-contre, Ivan Gouillon lors du
tournage de la séquence où Paul se réveille, seul devant la TV, le 25 mars 2007.
Compte tenu de notre "budget" et de l'ambition artistique (récit alternant passé et présent) et émotionnelle (le deuil, la mort...) de notre projet, nous avions préféré opter pour un tournage
léger, en huis-clos, avec seulement deux acteurs, ce qui est également un challenge car notre film dure tout de même trente minutes... Difficile de ne pas faire du théâtre filmé. En plus de
Cécile Desbrun, ma co-réalisatrice (et mon amour!), l'équipe se composait de Marie Matchury qui a fait la prise de son. Daniel Capeille a fait
le son pour le premier jour de tournage et les sons additionnels.
Nous avons tourné ce film du 22 au 26 mars 2007 en commençant par la seule séquence en extérieur, qui est la dernière du film. Ci-dessous, tournage de la séquence de fin à Monplaisir, Lyon. Il
faisait froid, d'où le bonnet que je porte, prêté gentiment par Daniel Capeille que l'on aperçoit en arrière-plan :
Ci-dessous, voici le seul matériel d'éclairage dont nous disposions. Il s'agit de l'installation des lumières pour la séquence où les Paul et Christelle se retrouvent. C'est moi qui me suis
chargé de la lumière, quoique ne l'ayant jamais fait, et sans connaissance des technique, car notre chef-opérateur nous avait laché deux semaines avant...
Le tournage est fini, le 26 on se repose et on discute avant de se séparer. De gauche à droite, Cécile Desbrun, Cécile Giroud, Ivan Gouillon et Marie Matchury :
La voix off (qui n'était pas dans notre scénario original) a été enregistrée par Antoine Dagallier et la musique composée par Etienne Rousseaux (qui avait déjà fait celle de
mon précédent court-métrage, Une Meilleure Jeunesse) et Sébastien Cosson, avec l'aide de
Nicolas Crepaldi pour les arrangements. Pour que ce huis-clos soit cinématographique, et non du théâtre filmé, nous avons tenté de créer un espace mental par des procédés
purement visuels et sonores, et non nous reposer sur des scènes dialoguées. Ceci a nécessité une post-production très longue (5 mois environ) afin de repenser notre montage, pour le rendre plus
dynamique, mais aussi écrire la voix off, qui n'était pas prévue à l'origine. Dans un autre article, j'évoquerai plus précisément mon travail de monteur sur le film Les
Absents, montrant comment la création d'un espace mental et la structure du film ont été le fruit d'un long travail de montage, mais aussi d'étalonnage, les couleurs structurant le
film.
Ecrit et réalisé par Jérémy Zucchi et Cécile Desbrun. (30 minutes, 2007-2008). Fiction. Musique : Etienne Rousseaux. Avec : Cecile Giroud et Ivan Gouillon
slt jeremy zucchi c'est avec un grand plaissir que je te retrouve par harzar sur le net. j'aimerai vraiment ton soutient et tes conseil parce que quant je voit les image qe tu as peu obtenir avec une panasinc md 1000 3ccd, je c'est fabuleur. moi aussi j'en poccede une et je compte realisé un court metrage d'ici peu.je compte vraiment sur toi zucchi fait moi signe stp.