Réalisation de films

Samedi 12 mars 2011 6 12 /03 /Mars /2011 19:03

Le documentaire d'Emilie Souillot Histoire (s) de Jazz, le Hot Club de Lyon (2010) vient de sortir au cinéma dans une salle parisienne, le Studio Galande. Ce film retrace 60 ans d'existence du plus vieux club de jazz de Lyon, créé par Raoul Bruckert et Jean Janoir en 1948. La réalisatrice Emilie Souillot n'a pas voulu raconter son histoire de manière exhaustive et chronologique, ce qui serait impossible, mais confronter les souvenirs, mêler ces bribes d'histoires de manière conviviale, souvent drôle et parfois émouvante, d'une manière qui a su me toucher dès la première fois qu'elle m'a montré le montage de son film. Le plaisir des amoureux de jazz de ce film est très communicatif. Lorsqu'on écoute Gérard Vidon raconter la venue du trompettiste Chet Baker, on ne peut qu'être ému même sans n'avoir jamais écouté ses morceaux. Voici la bande-annonce du film :

 

 

Montage à deux

Je n'avais jamais travaillé sur le montage d'un film de quelqu'un d'autre, d'autant plus sur un sujet dont j'ignorais presque tout. La principale difficulté en tant qu'assistant monteur, c'est de proposer des solutions qui s'intègrent dans un mode de pensée et dans un style de montage différent. D'autant plus que le montage était ici globalement achevé, construction habile qu'il ne fallait pas déséquilibrer. Il faut impérativement prendre en compte les besoins du monteur, qui est ici la réalisatrice Emilie Souillot. Pour cela, nous avons beaucoup parlé du film et de notre manière respective d'appréhender le cinéma, à notre modeste niveau. L'échange est indispensable. Voilà pourquoi j'ai autant eu de plaisir à aider Emilie Souillot à finaliser le montage de son film, travail que je l'explique dans la vidéo ci-dessous :

 

Extrait des bonus du DVD d'Histoire (s) de Jazz, le Hot Club de Lyon de Emilie Souillot (2010). Vous pouvez commander le DVD sur le site du distributeur VisioSfeir.



Notre collaboration s'est si bien passée que nous sommes en train de co-réaliser un documentaire sur un peintre, mais chut ! je vous en parlerai plus tard... Après que le film ait été achevé, j'ai réalisé l'affiche, le DVD et le blog d'Histoire (s) de Jazz, le Hot Club de Lyon, comme je vous en avais déjà parlé dans de précédents articles.

Par Jérémy Zucchi - Publié dans : Réalisation de films - Communauté : Court-métrage
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Lundi 8 novembre 2010 1 08 /11 /Nov /2010 12:22

Parcourant un magasin Sephora, une petite fille grandit, devient femme, mère, puis grand-mère. A chaque âge correspond des besoins auxquels répondent des produits et services adaptés. A la fin de ce petit film d'entreprise, une petite fille mène sa grand-mère vers l'entrée du magasin où toute l'équipe la maquille et danse avec elle.

Girl's Dream (Jérémy Zucchi, 2010), film pour le Challenge Blog Buster Sephora

Une expérience nouvelle

J'ai eu le plaisir de réaliser ce petit film de 3 minutes pour le magasin Sephora Edouard Herriot de Lyon, dans le cadre du Challenge Blog Buster 2010. Bien qu'ayant effectué un stage et plusieurs missions de montage dans une société réalisant des films d'entreprise, Each Other Productions, c'est la première fois que je réalise un film pour une société, d'autant plus qu'il s'agit d'un important magasin Lyonnais. Cette expérience a été très agréable et enrichissante, pour tout le monde je pense. Chaque magasin Sephora de l'Europe entière participant à ce concours a réalisé un film d'une durée moyenne de 3 minutes, puis les internautes ont été invités à voter sur le Blog RH Sephora pour leur film préféré. Nous n'avons pas gané, mais ce n'est pas grave, l'équipe et moi-même sommes contents de ce petit film.

Girl's Dream (Jérémy Zucchi, 2010), film pour le Challenge Blog Buster Sephora

Le scénario de ce petit film, écrit par la chaleureuse équipe du magasin, m'a agréablement surpris, car il témoigne d'une volonté de raconter une histoire tout en mettant en valeur le magasin et les valeurs de la marque. Le tournage a été très court, avec seulement une caméra, la décoration et l'éclairage du magasin rendant la composition d'image agréable. Surtout, toute l'équipe a été formidable, motivée, avec une mention particulière pour Caroline qui interprête le personnage principal et qui a du être longuement maquillée pour la faire rajeunir et vieillir, de 17 à 65 ans !

Girl's Dream (Jérémy Zucchi, 2010), film pour le Challenge Blog Buster Sephora

Girl's Dream est aussi un clip, ponctué de différents morceaux de Madonna, Hung Up, Like A Virgin, Material Girl et Vogue. Grande première pour moi : filmer une chorégarphie, assez simple toutefois, heureusement car avec une seule caméra, c'est peu évident ! J'ai eu l'occasion de retenter l'expérience depuis, dans le cadre d'un projet de documentaire dont je vous parlerai plus tard, très prometteur ! En tout cas, Girl's Dream a été pour moi une bonne expérience, c'est un petit clip que j'espère vous avez regardé avec plaisir.

 

Girl's Dream, 3 minutes, 2010

Réalisation et montage : Jérémy Zucchi

Ecrit et interprété par toute l'équipe de Sephora Edouard Herriot, Lyon

Remerciements à Manon et Erine et leurs parents

Film réalisé dans le cadre du Challenge Blog Buster Sephora 2010

 

Découvrez mes films de fictions et documentaires (court-métrages)

Par Jérémy Zucchi - Publié dans : Réalisation de films - Communauté : Court-métrage
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Mercredi 14 juillet 2010 3 14 /07 /Juil /2010 11:46

Monsieur De Prenel vient de décéder. Sa femme de retour de chez le notaire, convoque ses enfants pour leur faire part de son testament...


 

C'est à la demande d'Arsène Humblot, le scénariste et réalisateur, que j'ai participé à cette petite comédie, délirante parodie des vaudevilles et soaps operas, épinglant au passage le cynisme sans coeur de ceux qui ne pensent qu'en stock-options... et portant un rude coup à la variétoche immonde de comédies musicales telles cet affreux Don Juan, lors d'un final haut en couleurs. Je retiens une réplique en particulier que j'aime beaucoup, lorsque la mère énumère les coups bas faits par les enfants à leur père avant sa mort : "Toi Marie, tu as dénoncé ton père aux Prudhommes pendant ton stage de troisième..." Arsène Humblot s'est vraiment fait plaisir et a voulu vraiment offrir aux comédiens des rôles drôles à interpréter, car ce film a été fait uniquement pour le plaisir de tourner entre amis. Ci-dessous, une idée très marrante, les trois enfants sont interrogés par leur mère qui doit vérifier qu'ils connaissent aussi bien leur père qu'ils le prétendent... c'est-à-dire uniquement le montant de son compte en banque! De gauche à droite : Olivier Pont, Amandine Ratigner et Albane Aubras dans ce Questions pour... un arriviste!

Le Testament, film de Arsène Humblot

Sur ce film tourné en deux jours, j'étais assistant à la mise en scène et cadreur, lorsque j'étais disponible (car je travaillais à cette période), aidé d'Emilie Souillot (réalisatrice de films documentaires sur le jazz) et de Sébastien Guignard qui assurait l'éclairage ainsi que le cadre, lorsqu'il n'était pas occupé à jouer le rôle de l'inspecteur Garamond (qui restera culte, du moins pour nous). J'ai reçu le scénario la veille et ai débarqué alors que le tournage avait déjà commencé, sans connaître le décor (dans un petit théâtre) ni les acteurs. C'était une expérience intéressante, car je n'avais jamais été amené à travaillé sur un film sur lequel je ne suis pas impliqué. Lorsqu'il m'a fallu prendre la caméra et diriger les acteurs, j'ai dû appeler ces derniers par le nom de leurs personnages, faut de connaître le vrai! Heureusement, Arsène Humblot connaissais très bien son scénario, il s'occupait toujours du jeu des comédiens et veillait à la continuité de l'histoire, tandis que je lui proposais des déplacements et angles de caméras. Bref, un bon moment passé entre amis!

 

Le Testament, film écrit et réalisé par Arsène Humblot (2009)

Interprété par Juliette Barthélémy, Arsène Humblot, Albane Aubras, Olivier Pont, Amandine Ratigner, Valentine Hendrickx et Sébastien Guignard.

Image : Sébastien Guignard, Emilie Souillot et Jérémy Zucchi

Assistant réalisateur : Emilie Souillot

Perchistes : Sébastien Guignard, Emilie Souillot, Jérémy Zucchi (très peu) et Cathy Le Naour

Régisseurs : Cathy Le Naour et Nathalie Saint-Genis

Post-production et montage : Thomas Brac de la Perrière et Arsène Humblot

Par Jérémy Zucchi - Publié dans : Réalisation de films - Communauté : Court-métrage
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Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /Juin /2010 12:01

Sorcière d'encre, court-métrage documentaire de Jérémy Zucchi (2011).

Victor Hugo et la sorcière Ardéchoise

Voilà les premières images de mon prochain film, un court-métrage documentaire d'environ 26 minutes qui évoquera une femme considérée comme sorcière nommée Catherine Peyretone, brûlée en 1519 dans la prairie du village de Montpezat-sous-Bauzon, en Ardèche. Je reviendrais plus loin sur ces faits et sur la genèse un peu tourmentée de ce film, dont l'idée remonte à l'an 2000 et revient à M. Dumas, mon professeur de français au collège de Montpezat où j'étais, qui animait un atelier vidéo (une heure par semaine). Je suis en train de réaliser le montage de ce film, dont quelques séquences restent encore à tourner. Je réalise ce film seul, par mes propres moyens, avec un caméscope Sony HDV, avec l'aide précieuse de Cécile Desbrun qui interprète la narratrice, et d'Emilie Souillot qui est en train de composer la musique du film. J'avais aidé l'an dernier Emilie Souillot pour le montage, étalonnage et mixage de son documentaire Histoire(s) de Jazz : le Hot club de Lyon que vous invite à découvrir, ce qui avait confirmé mon envie de me tourner vers la réalisation de films documentaires, après le documentaire Haïti - Champs de béton en 2008. A chaque film son mode d'écriture, son genre, le documentaire est parfaitement adapté pour des sujets intimistes comme celui de Sorcière d'encre, évocation personnelle et romantique (au sens hugolien du terme) du tragique destin de Catherine Peyretone, veuve devenue folle jugée par l'Inquisition.

Vous pouvez voir ci-dessus un essai de titre (les lettres seront dessinées, uniques). Non, ce n'est pas de la fumée, mais les effets spéciaux les moins chers du monde, inspirés des nuages de Rencontres du troisième type de Steven Spielberg (1977) : de l'encre de Chine dans de l'eau, dont les couleurs ont été inversées ensuite. Je vais beaucoup utiliser ce type d'effets, car l'encre et la fumée sont deux motifs omniprésents dans le film. La fumée du bûcher de Catherine Peyretone, et l'encre des écrits et dessins de Victor Hugo, principale inspiration de ce film. En effet, il y aura en voix off des extraits de ses oeuvres, notamment le magnifique poème "Les Djinns" (1829) et son roman Le Dernier jour d'un condamné (1829) que j'ai toujours rêvé d'adapter. Mais je n'en dis pas plus...

Une sorcière, une vision aujourd'hui

Voici ci-dessous quelques images du film avec un premier étalonnage. Vous pouvez voir tout d'abord un panorama du très beau village de Montpezat-sous-Bauzon, avec au loin les montagnes du Tanargue, où Catherine Peyretone allait au Sabbat diabolique si on n'en croit les témoins mystérieux de son procès...

Montpezat en Ardèche dans Sorcière d'encre, court-métrage documentaire de Jérémy Zucchi (2011).

Le village de Montpezat, au pied des montagnes, est parcouru par une large prairie verdoyante, née de la lave d'un volcan en amont qui s'est déversée dans la plaine et l'a comblé lorsqu'elle a été arrêtée par un barrage provoqué en aval par la coulée de lave d'un autre volcan. C'est ici où rougeoyait la lave que pousse herbe et arbres, et où brûla Catherine Peyretone sur son bûcher en 1519. Dans un prochain article, je détaillerais les circonstances qui ont conduit Catherine Peyretone à être considérée comme sorcière, torturée, jugée puis condamnée à mort. Car le compte-rendu du procès existe toujours, et sa lecture est particulièrement effrayante...

Montpezat en Ardèche dans Sorcière d'encre, court-métrage documentaire de Jérémy Zucchi (2011).

Dire que c'est là dans cette prairie qu'elle a été brûlée, il n'y a si longtemps que cela, à l'échelle de l'Histoire... J'ai été troublé lorsque j'ai appris cela. C'était en 2000, en classe de troisième au collège Joseph Durand de Montpezat où je passais des années un peu difficiles (pas facile quand on est un intello "étranger" dans un collège de 180 élèves)... Heureusement, il y avait des camarades très gentils, qui se reconnaîtront, et des professeurs qui ont compté dans ma vie et que je souhaite saluer ici : Catherine Challaye, professeur d'Histoire/géographie ; M. Dumas, professeur de français qui m'a initié à la vidéo ; et enfin Jean-Marie Simon, professeur d'italien, poète et conteur inoubliable. Ces années de collèges sont noyées dans un clair-obscur, et ce sera le ton du film.

Tandis que nous cherchions un sujet de court-métrage pour notre trop court atelier de réalisation vidéo, M. Dumas nous proposa de faire un documentaire sur cette femme Catherine Peyretone, considérée comme sorcière. Nous avons alors filmé la plupart des lieux où s'étaient tenus les événements, avec notre grosse caméra S-VHS (c'était encore la transition vers le numérique). Neuf ans plus tard, j'ai filmé à nouveau certains de ces lieux, dont le pilier du Molus que vous pouvez voir ci-dessous, où elle fut attachée et exposée à la foule haineuse durant trois jours...

Pilier du Molus de Montpezat, Sorcière d'encre, court-métrage documentaire de Jérémy Zucchi (2011).

Comme vous pouvez le constater avec ces quelques captures à l'étalonnage provisoire, l'esthétique du film sera éloignée du réalisme qu'on attend ou qu'on assimile au documentaire. Bien que tous les faits soient véridiques et que les lieux soient ceux des événements, mon film Sorcière d'encre sera une vision subjective et personnelle de cette histoire. Une vision romantique. Je veux créer un espace mental par les couleurs, les images, les sons et la musique. Car c'est un film sur mon expérience de cette histoire : le film se demande comment on peut s'identifier à quelqu'un du passé, qui plus est quequ'un banni de la société des hommes, puisque sorcière.

La représentation de Catherine Peyretone est problématique. En 2000-2001, j'avais dessiné la sorcière en suivant l'iconographie traditionnelle : vieille femme horrible aux doigts crochus. J'avais proposé à mes camarades de filmer de faux manuscrits d'époque racontant l'histoire. Ci-dessous, vous pouvez voir l'un des dessins de ce faux manuscrit enluminé :

Sorcière d'encre, court-métrage documentaire de Jérémy Zucchi (2011).

Si je vais montrer ces dessins dans Sorcière d'encre, c'est simplement pour mettre en abyme l'histoire de la conception de ce film que je vous raconte brièvement ici, et pour pointer du doigt ces représentations stéréotypées des sorcières. J'ai décidé pour mon film de faire du visage de la sorcière l'enjeu majeur du film. Or ce visage, c'est le nôtre, puisque nous pouvons nous aussi un jour sombrer dans la démence ou être injustement accusés, nous pouvons aussi rejeter et être rejetés de la société des hommes. Cela ne fait pas pour autant de nous des monstres, des suppôts du Diable. Catherine Peyretone, comme toutes les autres "sorcières" était comme vous et moi.

Pour que ma pensée se traduise en images, j'ai décidé de demander à Cécile Desbrun, qui partage ma vie, d'incarner cette femme qui se découvre proche de cette "sorcière" Catherine Peyretone. C'est un parti-pris qui, de ce point de vue, rapproche ce film de la fiction. Mais les émotions, l'expérience, sont réels.

Cécile Desbrun dans Sorcière d'encre, court-métrage documentaire de Jérémy Zucchi (2011).

Je n'ai pas encore achevé ce film, loin de là, je le réalise lorsque j'ai un peu de temps, filmant et montant par petits bouts. Malgré tout, je pense que le film sera achevé d'ici début 2011, je me suis fixé comme but, pour l'instant, de l'envoyer au Etats Généraux du Film Documentaire de Lussas, en Ardèche toujours. C'est un haut lieu du cinéma où je me suis rendu en août dernier, avec enthousiasme tant la vision de certains films, en particulier des films documentaires Polonais, avait stimulé mon désir de faire ce film, Sorcière d'encre.

J'espère que tout se passera bien car le film réalisé au collège, terminé en 2001, avait été victime d'un gros bug de l'ordinateur sur lequel on avait passé trois jours intenses à le monter (eh oui, pour ça c'était en numérique)... Après les grandes vacances scolaires, le départ pour le lycée m'a fait oublier ce film, jusqu'à ce qu'il resurgisse dans ma mémoire et qu'il s'impose comme une évidence, un film à faire, aujourd'hui. Alors en 2008 j'ai commencé à filmer, lorsque je me rendais en Ardèche... Ce film a-t-il été oublié? Existe-t-il une copie? Quelqu'un peut-il me le procurer? Je lance un appel à ceux qui pourraient m'aider, à bon entendeur, salut!...

 

Edit du 8 décembre 2011 : je n'ai pas laissé tombé ce film, il a juste été mis de côté le temps de travailler sur d'autres projets, dont mon long-métrage documentaire Une Rencontre, Pockemon Crew + Emelthée dont je vous reparlerai bientôt. Le temps m'a permis de prendre du recul. En particulier, j'ai dernèrement pris la décision de faire de Sorcière d'encre un web-documentaire avec une place laissée au dessin et à l'interactivité... Mais je ne peux pas vous en dire plus pour l'instant. Par ailleurs, j'ai repris contact à l'été 2010 avec mon ancien professeur de français M. Dumas qui m'a procuré la VHS (de mauvaise qualité, malheureusement) du film réalisé en 2000-2001.

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Par Jérémy Zucchi - Publié dans : Réalisation de films - Communauté : Court-métrage
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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /Nov /2009 12:24
Les Absents : court-métrage avec Cécile Giroud et Ivan Gouillon

Une chambre, la nuit. Paul (Ivan Gouillon) ouvre les yeux, puis se lève et s'habille. Il murmure quelques mots à l'oreille de sa femme, Christelle (Cécile Giroud), qui dort paisiblement. Paul s'en va, se noie dans l'obscurité. Christelle reste seule. On apprendra que Paul est mort. Christelle devra alors affronter la mort afin de peut-être un jour, renaître.
Christelle erre entre son passé qui la poursuit sans cesse, elle revit l'histoire de son couple qui petit à petit partait à la dérive, et doit prendre en main ce présent qui lui semble désespérément vide.

Cécile Giroud et Ivan Gouillon dans Les Absents, film de Cécile Desbrun et Jérémy Zucchi, 2008

Cécile Giroud dans Les Absents, film de Cécile Desbrun et Jérémy Zucchi, 2008

Pourra-t-elle continuer à vivre dans cet appartement où elle ne semble plus avoir sa place mais où une présence semble la retenir?...

voir-film

Comment accepter la mort?

C’est avant tout un film sur le deuil, donc la mort. Le projet du film Les Absents peut être résumé en une seule question :  Comment représenter la mort au cinéma? Dans un précédent article, je développe cette question de la représentation de la mort au cinéma, qui me semble être plus proche de l'éternité que du néant. Je vous renvoie à cet article pour une plus ample réflexion sur ce sujet. Partant de mon expérience sur le film Les Absents, tentative de création d'un espace mental où présent et passé se mêlent, la présence suggérant l'absence, j'y analyse la fin de Docteur Folamour de Stanley Kubrick, en parallèle avec l'idée de Sergio Leone pour la mort de Robert de Niro dans Les 900 jours de Léningrad, qu'il n'a pas pu réaliser.
La plongée de Christelle cœur de son passé lui permet de reconnaître sa culpabilité, son mensonge refoulés derrière sa persistance à porter un masque. La clef qui va lui permettre d’ouvrir la porte de sortie de son appartement, matérialisation de son univers mental, est la libération de la parole. Ces deux êtres s’aiment mais s’éloignent de plus en plus l’un de l’autre.

Cécile Giroud et Ivan Gouillon dans Les Absents, film de Cécile Desbrun et Jérémy Zucchi, 2008

Cécile Giroud et Ivan Gouillon dans Les Absents, film de Cécile Desbrun et Jérémy Zucchi, 2008

Ma co-réalisatrice  Cécile Desbrun et moi avons tenté d’exprimer par les dialogues, les silences, les gros plans ce non dit et cette distance, qui explose pendant la scène de dispute. L'absence de la parole est réelle dans les scènes se situant dans le présent dans la mesure où elle reste seule dans son appartement avec ses souvenirs, comme coupée du monde. Il faudra attendre qu’elle dise « pardonnes-moi… » pour qu’elle puisse dialoguer à nouveau.

Cécile Giroud dans Les Absents, film de Cécile Desbrun et Jérémy Zucchi, 2008

Cécile Giroud dans Les Absents, film de Cécile Desbrun et Jérémy Zucchi, 2008

Avec l’arrivée des déménageurs, l’extérieur pénètre dans l’appartement : elle s’est enfin délivrée de cet espace mental qui l’emprisonnait. Elle peut enfin renaître, quitter cet appartement et affronter sa nouvelle vie.

Cécile Giroud dans Les Absents, film de Cécile Desbrun et Jérémy Zucchi, 2008

Cécile Giroud dans Les Absents, film de Cécile Desbrun et Jérémy Zucchi, 2008

Un tournage très léger, et sans budget !

Sur le tournage du film Les Absents (Cécile Desbrun et Jérémy Zucchi, 2008Nous avons tourné ce film mi-mars 2007 dans le cadre de l'atelier de réalisation de troisième année de licence à l'Université Lumière Lyon-2, dont Laurent Charles était le responsable. Nous n'avions pas de société de production, presque pas de budget, ce film a été tourné en cinq jours avec le matériel prêté par notre fac (caméra DV Panasonic 3CCD semi-professionnelle, pied et micro-perche), un peu d'éclairage prêté par un ami est venu compléter le matériel. Comment pouvions-nous remercier les comédiens Cécile Giroud et Ivan Gouillon de nous avoir fait confiance, de s'être autant impliqués dans leurs personnages, sans savoir si le film allait être réussi, montrable tout simplement? Réponse : nous devions faire le meilleur film que nous pouvions faire, c'est un devoir pour tous ceux qui se trouvent engagés dans un tel projet, gratuitement, et pour nous-mêmes évidemment. Je consacrerai un prochain article à Cécile Giroud et Ivan Gouillon, ces deux comédiens tout autant doués dans les registres tragiques que comiques. Ci-contre, Ivan Gouillon lors du tournage de la séquence où Paul se réveille, seul devant la TV, le 25 mars 2007.
Compte tenu de notre "budget" et de l'ambition artistique (récit alternant passé et présent) et émotionnelle (le deuil, la mort...) de notre projet, nous avions préféré opter pour un tournage léger, en huis-clos, avec seulement deux acteurs, ce qui est également un challenge car notre film dure tout de même trente minutes... Difficile de ne pas faire du théâtre filmé. En plus de Cécile Desbrun, ma co-réalisatrice (et mon amour!), l'équipe se composait de Marie Matchury qui a fait la prise de son. Daniel Capeille a fait le son pour le premier jour de tournage et les sons additionnels.

Nous avons tourné ce film du 22 au 26 mars 2007 en commençant par la seule séquence en extérieur, qui est la dernière du film. Ci-dessous, tournage de la séquence de fin à Monplaisir, Lyon. Il faisait froid, d'où le bonnet que je porte, prêté gentiment par Daniel Capeille que l'on aperçoit en arrière-plan :

Sur le tournage du film Les Absents (Cécile Desbrun et Jérémy Zucchi, 2008

Ci-dessous, voici le seul matériel d'éclairage dont nous disposions. Il s'agit de l'installation des lumières pour la séquence où les Paul et Christelle se retrouvent. C'est moi qui me suis chargé de la lumière, quoique ne l'ayant jamais fait, et sans connaissance des technique, car notre chef-opérateur nous avait laché deux semaines avant...

Sur le tournage du film Les Absents (Cécile Desbrun et Jérémy Zucchi, 2008

Le tournage est fini, le 26 on se repose et on discute avant de se séparer. De gauche à droite, Cécile Desbrun, Cécile Giroud, Ivan Gouillon et Marie Matchury :

Sur le tournage du film Les Absents (Cécile Desbrun et Jérémy Zucchi, 2008

La voix off (qui n'était pas dans notre scénario original) a été enregistrée par Antoine Dagallier et la musique composée par Etienne Rousseaux (qui avait déjà fait celle de mon précédent court-métrage, Une Meilleure Jeunesse) et Sébastien Cosson, avec l'aide de Nicolas Crepaldi pour les arrangements. Pour que ce huis-clos soit cinématographique, et non du théâtre filmé, nous avons tenté de créer un espace mental par des procédés purement visuels et sonores, et non nous reposer sur des scènes dialoguées. Ceci a nécessité une post-production très longue (5 mois environ) afin de repenser notre montage, pour le rendre plus dynamique, mais aussi écrire la voix off, qui n'était pas prévue à l'origine. Dans un autre article, j'évoquerai plus précisément mon travail de monteur sur le film Les Absents, montrant comment la création d'un espace mental et la structure du film ont été le fruit d'un long travail de montage, mais aussi d'étalonnage, les couleurs structurant le film.

voir-film

 

Ecrit et réalisé par Jérémy Zucchi et Cécile Desbrun. (30 minutes, 2007-2008).  Fiction. Musique : Etienne Rousseaux. Avec : Cecile Giroud et Ivan Gouillon

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Par Jérémy Zucchi - Publié dans : Réalisation de films - Communauté : Court-métrage
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L'auteur du blog

Je suis Jérémy Zucchi, né en 1986. Diplômé de Master d'études cinématographiques et audiovisuelles à l'Université Lumière Lyon-2 en 2009. Je prépare un essai sur l'esthétique des oeuvres de l'écrivain de science-fiction Philip K. Dick et de leurs adaptations. Je suis graphiste et réalisateur/monteur de films. Je réalise des films de fiction et documentaire, mais aussi des captations et autres films de commande. Je collabore avec les artistes Patricia & Marie-France Martin comme monteur et graphiste. En 2004, j'ai obtenu le Premier Prix au Concours Général des Lycées en Arts Plastiques. Pour plus d'info, voir mon CV

 

 

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