Philip K. Dick et le cinéma

Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 15:44

Demain à 19h je serai au théâtre de Vénissieux pour une petite conférence sur l'oeuvre de l'écrivain de science-fiction sur lequel je suis en train d'écrire un essai, Philip K. Dick (Ubik, Blade Runner, Le Maître du haut-château...). J'interviens à l'occasion de la représentation de la pièce Urbik/Orbik du metteur en scène Joris Mathieu avec la compagnie Haut et Court, écrite par le romancier Lorris Murail. Le petit teaser ci-dessous vous donnera une idée, je pense, de l'histoire et surtout de l'atmosphère onirique et dérangeante de cette pièce qui tente, avec de multiples techniques illusionnistes, de donner corps aux effondrements de réalité des oeuvres de Philip K. Dick. Voir un être disparaître au théâtre, littéralement, c'est assez étonnant et perturbant, comme j'ai pu le constater lorsque j'ai vu le premier essai de Joris Mathieu, qui n'était qu'un brouillon de cette pièce-ci, Au revoir monsieur Sarapis (2010).

Je vous avais déjà évoqué cette petite pièce, et je vous en reparlerai lorsque j'aurai vu et pris le temps de décortiquer cet Urbik/Orbik qui me semble encore plus fascinant. Je vous laisse donc là en vous invitant à venir demain à 19h au théâtre de Vénissieux si vous êtes en région lyonnaise, et s'il n'y a plus de place pour la pièce, sachez qu'elle sera de retour à Lyon, aux Subsistances, du 24 au 28 avril. Et même s'il n'y a plus de place, venez à cette conférence ! Je ne sais pas si elle sera enregistrée, en tout cas, je vous en reparlerai. Vous pouvez voir celle que j'ai donné à l'occasion d'Au revoir monsieur Sarapis ci-dessous, avec Joris Mathieu :

Philip K. Dick, réalités et fictions (conférence) from Jérémy Zucchi on Vimeo.

Le programme :

  • Rencontre autour de l'oeuvre de K. Dick : « Comment construire un univers qui ne s'effondre pas deux jours plus tard? » En compagnie de la compagnie Haut et Court et de Jérémy Zucchi (réalisateur, graphiste et chercheur spécialiste de K. Dick).
  • Pièce Urbik/Orbik, mise en scène de Joris Mathieu (1h10), Cie Haut et Court.

VENDREDI 13 JANVIER à 19H au Théâtre de Vénissieux

Je vous invite à vous rendre sur le site du théâtre de Vénissieux.

Dossier sur Philip K. Dick et ses adaptations au cinéma (Blade Runner, Total Recall, Minority Report...)

Par Jérémy Zucchi - Publié dans : Philip K. Dick et le cinéma - Communauté : Simulacres de Philip K. Dick
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Mardi 6 décembre 2011 2 06 /12 /Déc /2011 10:11

Rencontre avec Pierre Christin et Enki Bilal à Lyon 2Hier à l'Université Lumière Lyon-2 s'est tenu une conférence des deux créateurs des Légendes d'aujourd'hui, le scénariste Pierre Christin (auteur de Valérian et Laureline pour Meizière) et bien entendu le dessinateur Enki Bilal qu'on ne présente plus. Je ne vais pas ici résumer ce qu'ils nous ont raconté avec un plaisir communicatif, car il y aura sans doute la diffusion d'un podcast (je vous tiens au courant).

Ils ont parlé de leur rencontre suite à un concours du magazine Pilote remporté par Enki Bilal, puis de la genèse de ces Légendes d'aujourd'hui commencées avec Tardi, qui mêlent le fantastique et la politique. Les auteurs ont évoqué leur manière de travailler et l'importance de l'album Les Phalanges de l'Ordre Noir (1979), histoire qui m'impressionne toujours à chaque lecture et qui a marqué un tournant dans l'histoire de la bande-dessinée francophone et dans celle du duo Christin-Bilal.

Ils ont ensuite évoqué la naissance du chef-d'oeuvre Partie de chasse (1983) où Enki Bilal a dessiné avec une puissance incroyable la déliquescence du bloc communiste, sur un scénario toujours magnifique de Pierre Christin. Les auteurs sont revenus sur le contexte de création de cette oeuvre, sur leur besoin de connaissance de ce monde presque inconnu qu'était le bloc soviétique.

Enki Bilal a brièvement parlé de la création de son premier long-métrage Bunker Palace Hôtel (1989), scénarisé par Pierre Christin, ce dernier expliquant avec beaucoup d'humour (jaune) les frustrations du scénariste de cinéma, à la différence de la liberté du scénariste de BD. Enfin, ils ont parlé de leur rapport au temps dans leur oeuvre, où le présent semble toujours voir surgir le passé, et où le passé semble déjà contenir un futur en voie de disparition.

Enki Bilal, dessinateur idéal pour adapter Philip K. Dick

Alors pourquoi parler de cette rencontre avec Enki Bilal et Pierre Christin sinon parce que c'était un moment mémorable pour le passionné de BD que je suis? Tout simplement car il me semble évident que nul autre dessinateur qu'Enki Bilal ne pourrait mieux représenter l'entropie qui ronge les nouvelles et surtout les romans de l'écrivain de science-fiction Philip K. Dick, qui aimait tant représenter des mondes qui s'effondrent au bout de deux jours. Les cigarettes qui se désagrègent du roman Ubik abondent à chaque case (ou presque) des albums de Bilal (ci-dessous, une image de Nikopol dans la version en anglais de La foire aux immortels), bien plus que dans les volumes de l'adaptation comics des Androïdes rêvent-ils de moutons électriques? par Tony Parker, dans laquelle on retrouve peut-être la lettre, mais pas l'esprit de l'oeuvre, j'entends par là, en bande-dessinée, la forme graphique qui correspond à Philip K. Dick.

Nikopol dans La Foire aux immortels d'Enki Bilal

Enki Bilal / Casterman

Sans avoir eu le temps, malheureusement, de me donner plus de détails, Enki Bilal m'a déclaré après la conférence (en pleine séance de dédicace improvisée) qu'il lisait des oeuvres de Philip K. Dick à l'époque de la création des Légendes d'aujourd'hui et de son cèlèbre album La Foire aux immortels (premier volet de sa Trilogie Nikopol, 1980), ce qui n'est guère étonnant compte tenu du succès confidentiel mais important de l'écrivain dans le milieu "soixante-huitard", ou de la "contre-culture" qui florissait alors. Philip K. Dick était souvent salué en ces années soixante-dix par sa critique sociale et politique, et bien sur par ses visions "psychédéliques" de mondes en plein effondrement et d'êtres noyés dans les images mouvantes d'une réalité se dérobant sous leurs pas.

Enki Bilal influencé par Philip K. Dick, la piste est prometteuse. En tout cas, les histoires en images et en mots du scénariste-dessinateur et cinéaste témoignent de certaines affinités, et ont grandement influencé à leur tour la représentation du futur, dans le magnifique film de Ridley Scott Blade Runner (1982) en particulier, qui adapte le roman de Philip K. Dick Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques? (1968).

Les influences BD de Blade Runner

Blade Runner de Ridley Scott (1982)

Le réalisateur de ce film avait reconnu l'influence des dessinateurs de la revue Métal Hurlant dans laquelle Bilal avait publié quelques histoires, dont Exterminateur 17 sur un scénario de Jean-Pierre Dionnet (co-fondateur de la revue). La critique de Blade Runner parue alors dans cette revue accusait avec virulence Ridley Scott et les producteurs d'avoir non seulement trahi l'oeuvre de l'écrivain ("C'est Philip K. Dick qu'on assassine !" pouvait-on lire en couverture), mais surtout d'avoir pillé l'imaginaire qui s'atalait avec fracas dans la revue, en particulier l'oeuvre de Moebius. L'histoire courte The Long Tomorrow, dessinée par ce dernier, fut une influence majeure, notamment. Par ailleurs son scénariste n'est autre que Dan O'Bannon qui fut le co-auteur d'Alien, devenu en 1979 un film de Ridley Scott sur lequel a travaillé Moebius pour la conception des combinaisons spatiales. Bref, s'il n'y avait pas de plagiat à proprement parler, il y avait dans les dessins de Moebius ou de Bilal une vision nouvelle qui a nourri l'imaginaire des deux films de science-fiction de Ridley Scott (pour ne citer que ceux-là), Alien et Blade Runner.

The Long Tomorrow de Moebius et Dan O'Bannon

Si l'influence de Moebius a souvent été citée et commentée, grâce à l'article violent de Métal Hurlant suivant la politique provoc' de Philippe Manoeuvre, l'influence des oeuvre d'Enki Bilal est rarement notée. Et pourtant, un simple coup-d'oeil sur La Foire aux immortels, son hétérogénéité riche en symboles religieux, sa surpopulation, son architecture futuriste mais baroque et anachronique, sa pyramide dominant la ville (ci-dessous) qui évoque celles de la Tyrell Corporation du film de Ridley Scott, son monde tout entier comme rongé de l'intérieur, voilà une représentation peut-être plus proche de Blade Runner que les mondes rocailleux, décalés et baignés de mysticisme de Moebius (plus proches pour moi de certaines visions de Star Wars), les deux dessinateurs ayant en commun toutefois conception de la science-fiction comme cadre pour faire surgir des survivances de temps passés qui viennent contaminer le futur.

La Foire aux immortels de Enki Bilal (1980)

Enki Bilal / Casterman

Les pyramides de la Tyrell Corporation dans Blade Runner

Ridley Scott et Enki Bilal, rencontre majeure de la SF

Dans un livre d'entretiens (Ciels d'orage, Enki Bilal et Christophe Ono-dit-Biot, Flammarion, 2011), Enki Bilal a raconté avoir rencontré le cinéaste Ridley Scott à la demande de ce dernier lors de la sortie de Blade Runner en 1982. Le réalisateur tenait à le remercier de l'inspiration que lui avaient procurées ses bande-dessinées. Comme l'évocation de cette rencontre dans ce livre était très brève, j'ai demandé directement à Enki Bilal plus de précisions, mais je n'ai pas obtenu de réponse plus détaillée, il m'a seulement confirmé que La Foire aux immortels surtout avait retenu l'attention de Ridley Scott, et que certains points communs des deux oeuvres proviennent d'une base culturelle commune, dont Philip K. Dick faisait partie (même si Ridley Scott n'avait lu aucune oeuvre en entier) et de la fascination pour les civilisations anciennes (marquée par la pyramide Egyptienne de la BD et par celles de la Tyrell Corporation dans le film). La rencontre unique du dessinateur et du cinéaste est donc tombée en grande partie dans les limbes de l'oubli, à moins que Ridley Scott ne s'en souvienne mieux... Bon, j'ai compris, je dois essayer de le joindre !...

Mais la véritable rencontre d'Enki Bilal et de Ridley Scott n'est pas celle qui s'est produite ce jour-là de 1982, qui fut peut-être très banale par ses propos, ou peut-être exaltante, qui sait? Non, la véritable rencontre s'est produite, comme c'est souvent le cas en art, à distance, sans un mot, lors de la préparation du film, par la vision des planches effrayantes et sublimes du dessinateur de La Foire aux immortels et des Phalanges de l'Ordre Noir. C'est là qu'il se passe quelque chose de presque magique, comme une connection grâce à la compréhension des images, grâce à un point de rencontre culturel des deux créateurs. Il y a là la reconnaissance d'un espace-temps commun où peut se bâtir une oeuvre.

Ironiquement, lorsque l'adaptation très libre de la Trilogie Nikopol par Enki Bilal lui-même sort en 2002 au cinéma sous la forme du beau mais inégal Immortel, Ad Vitam (ci-dessous), le dessinateur, qui en est à son troisième long-métrage, s'est trouvé confronté à l'influence de Blade Runner, inévitable comme le fut celle de Metropolis (Fritz Lang, 1928) sur ce dernier.

Immortel, Ad Vitam, film d'Enki Bilal d'après la Trilogie Nikopol

Passons sur ceux qui considèrent que les voitures volantes sont nées au cinéma avec Le Cinquième élément (Luc Besson, 1997)... sur lequel, par ailleurs, les dessinateurs Moebius et Meizière ont travaillé. Dans un vieil article sur le schéma de la représentation du futur, j'ai par ailleurs évoqué ces films. Il y a un rapport très intéressant d'influence réciproque qui devrait être étudié entre certaines oeuvres d'Enki Bilal et le Blade Runner de Ridley Scott, qui ont à leur manière marqué durablement non seulement la science-fiction, mais aussi la BD pour l'un et le cinéma pour l'autre. Il y a là, à ce croisement, de multiples influences, dans de nombreuses directions, c'est un carrefour d'une partie qui me semble importante de notre culture via leur représentation du futur, déjà passée, contemporaine car n'oublions pas que le contemporain est ce qui révèle les ténèbres de notre temps, comme l'écrivait si bien Giorgio Agamben. Et que ces ténèbres sont belles, filmées par Ridley Scott ou dessinées par Enki Bilal !

Dossier sur Philip K. Dick et ses adaptations au cinéma (Blade Runner, Total Recall, Minority Report...)

Par Jérémy Zucchi - Publié dans : Philip K. Dick et le cinéma - Communauté : Simulacres de Philip K. Dick
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Samedi 3 décembre 2011 6 03 /12 /Déc /2011 09:53

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C'est avec un grand plaisir que je serai présent lors de la nuit Dans l'ombre de Philip K. Dick au cinéma Lux de Caen le 9 décembre 2011, tandis que le metteur en scène Joris Mathieu présentera dans cette même ville sa pièce Urbik/Orbik d'après un roman éponyme de Lorris Murail mettant en scène Philip K. Dick (j'en parlerai bientôt). Caen va donc, l'espace d'une soirée et d'une nuit, se transformer en ville dickienne !

Un rendez-vous dickien à ne pas manquer

La nuit Dans l'ombre de Philip K. Dick promet d'être un grand moment pour les fans de l'écrivain et de cinéma de science-fiction en général, puisqu'il y aura :

  • une table ronde animée par Plan B, où Thomas Cazals (réalisateur du documentaire Adickted) et moi-même (j'écris actuellement un livre) discuterons de l'oeuvre de Philip K. Dick, l'auteur visionnaire d'Ubik et de Blade Runner et de son héritage cinématographique ;
  • 9 films dickiens projetés dont 4 adaptations officielles de Philip K. Dick (Minority Report, Total Recall, A Scanner Darkly, Paycheck), 4 films qui portent en eux la marque de l'écrivain (eXistenZ, Source Code, Cypher, Southland Tales), et le documentaire Adickted sur son influence dans la culture. Thomas Cazals et moi-même présenterons certains de ces films.
  • Et comme le nuit sera longue, il y aura un repas et un petit déjeuner offert, car parfois, pour reprendre ce qu'écrivait Philip K. Dick dans La Transmigration de Timothy Archer, il faut oublier les mots et manger le sandwich !

Je vous invite donc dès maintenant à consulter le programme complet sur le site de la nuit Dans l'ombre de Philip K. Dick et à venir nombreux à Caen pour cette nuit unique ! Pour ceux qui ne pourront pas, je vous tiens au courant de la retransmission de la table ronde. Merci beaucoup au cinéma Lux, à Benjamin Cocquenet et toute l'équipe de Plan B de m'avoir invité.

 

Dossier sur Philip K. Dick et ses adaptations au cinéma (Blade Runner, Total Recall, Minority Report...)

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Dimanche 21 août 2011 7 21 /08 /Août /2011 12:30

Blade Runner de Ridley Scott, 1982

Il y a quelques mois je vous parlais du rachat des droits du chef-d'oeuvre visionnaire de Ridley Scott, Blade Runner (1982), film que j'ai fouillé jusque dans presque les moindres détails... Mais cela n'est jamais assez, si bien que je comprends parfaitement le désir de replonger dans cet univers, avec les moyens technologiques d'aujourd'hui, d'autant plus que le roman d'origine de Philip K. Dick, Les Androîdes rêvent-ils de moutons électriques? (1968, renommé Blade Runner), est d'une très grande richesse également. Remake, prequel, suite? Tout restait vague, avec Christopher Nolan aux commandes peut-être...

Et bien voilà, comme un rêve qui se réalise, avec quelques appréhensions toutefois, le cinéaste Ridley Scott va explorer à nouveau le monde effrayant et fabuleux de Blade Runner ! Le producteur d'Alcon Entertainment, Andrew Kosove (producteur de The Blind Side ou du Livre d'Eli), explique : «Nous avions quelques plans B (Christopher Nolan en plan B, pas mal quand même, NDLR), mais nous nous sommes concentrés sur notre plan A, qui consistait au recrutement de Ridley! Nous avons donc contacté sa société de production, Scott Free, afin d'organiser un rendez-vous avec le cinéaste. Nous l'avons finalement rencontré à Londres en mars, peu après avoir acquis les droits de la franchise». Franchise, c'est un terme que je déteste, mais bon... toujours est-il que Ridley Scott, convaincu, a décidé de reprendre le projet, il est en train de rencontrer des scénariste et va commencer à constituer une équipe, pour un tournage planifié pour 2013, et une sortie en 2014. On en est loin, mais on peut imaginer la fébrilité des fans et la complexité du travail à venir...

Ridley Scott et Philip K. Dick en 1981, lors de la production de Blade Runner

Ne pas détruire l'imagination

Le producteur Andrew Kosove poursuit :

« Durant la discussion avec Ridley, nous avons abordé plusieurs sujets: Quel serait le nouveau look du film? Comment éviter de ressembler aux nombreux films qui ont rendu hommage au film original? À quel point le nouveau film sera différent de Blade Runner? Ridley, en tant que cinéaste, se concentre toujours sur l'originalité. Je crois qu'il a vu une opportunité pour créer un film très différent de Blade Runner, une sorte de réinvention complète. Tout devra être nouveau, original! C'est pour cette raison qu'il y a peu de chance pour qu'Harrison Ford participe au projet.».

S'il y a peu de chance qu'Harrison Ford reprenne son rôle, cela exclut l'idée d'une suite directe. Heureusement, car cela serait aller dans le mur complètement, étant donné que la force du film réside, en partie du moins, comme une apothéose, sur sa fin ouverte, qui laisse la place à tous les espoirs et les désespoirs. Ridley Scott ne devra pas détruite ce que le philosophe Bachelard nommait, je crois, "l'auréole imaginative de l'image", sa puissance à faire imaginer. Car Blade Runner tire sa force de son pouvoir de suggestion, il nous laisse imaginer le reste de l'univers, tout en nous éblouissant par ce qu'il nous montre. C'est un film en clair-obscur, il nous éblouit tout en possédant de très profondes zones d'ombre. Ridley Scott et son équipe devront insérer ce nouveau film dans une fente très étroite entre ombre et lumière, apporter des éclaircissements sans trop en dire, ne pas plaquer des images sur ce qui est suggéré dans le film original... Et pourtant, comme c'est tentant de mettre en images le monologue final de Roy Batty !

Roy Batty (Rutger Hauer) raconte les beautés de l'univers dans Blade Runner

"J'ai vu tant de chose que vous humains ne pourrez pas croire. De grands navires en feu surgissant de l'épaule d'orion. J'ai vu des rayons fabuleux, des rayons laser, briller dans l'ombre de la porte de tannahauser. Tous ces... moments se perdront... dans l'oubli, comme... les larmes... dans la pluie... Il est temps de mourir."

 

Variations sur Blade Runner  : quelles pistes explorer?

A mon avis, ce sera plus proche de ce qu'il semble faire avec Prometeus par rapport à Alien (1979) : un prequel qui se concentre plus sur l'univers qui a fait naître l'histoire que l'on sait. Et en ce qui concerne la création d'univers, Ridley Scott est un monstre ! Pour ce retour à Blade Runner, on peut imaginer que ce sera centré sur les colonies de l'espace où les réplicants sont réduits à l'esclavage, et aussi sur la disparition des animaux, ce dernier point serait on ne peut plus d'actualité, idem pour les retombées radioactives sur Terre. Donc le film sera, comme une variation sur un même thème. 

Sachant que Ridley Scott a 73 ans et qu'il revisite Blade Runner et Alien, deux de ses oeuvres majeures, oeuvres de jeunesse (mais ô combien maitrisées), on peut aussi imaginer qu'il les relie peut être, comme un seul et même univers, comme Asimov liant Fondation et les Robots. Et ce serait assez cohérent... Bon, je m'avance sans doute beaucoup, je fantasme, et puis c'est vrai qu'il s'agit de deux studios concurrents, la Fox et la Warner... On peut aussi, à raison, dire que tout cela est inutile et n'est que business... Mais bon, n'oublions pas que Ridley Scott est un grand peintre du cinéma, il peint avec la lumière, les décors, les acteurs, la fumée...

Rêvons un peu !

La licorne de Blade Runner (Ridley Scott, 1982)

Source de l'interview : Le Figaro

 

Dossier sur Philip K. Dick et ses adaptations au cinéma (Blade Runner, Total Recall, Minority Report...)

Par Jérémy Zucchi - Publié dans : Philip K. Dick et le cinéma - Communauté : Simulacres de Philip K. Dick
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Samedi 2 juillet 2011 6 02 /07 /Juil /2011 15:36

Comme vous le savez sans doute, mon site possède une page  Philip K. Dick et le cinéma qui recense tous les articles que j'ai écrit pour mon mémoire, puis le livre que je suis en train d'écrire sur l'esthétiques des oeuvres de cet écrivain de science-fiction, son rapport à l'image et la question de l'adaptation de ses oeuvres. Ce n'était qu'une page avec des liens vers le blog, mais voilà, comme par magie (et surtout du travail), ce n'est plus une, mais une petite constellation de pages, abordant différents thèmes : les nouvelles et romans de Philip K. dick, les adaptations cinématographiques officielles (Blade Runner, Total Recall...), les films considérés comme "dickiens" (influencés par son oeuvre), une bibliographie... Ces pages vous proposent une vision plus large qui faisait défaut à ce site car les articles que je publie sur mon blog s'attachent à des points très précis, il manquait donc une vue d'ensemble pour mieux comprendre leurs enjeux.

Trêve de théorie, place à la pratique ! Pour chacune de ces pages, il m'a fallu concevoir un graphisme qui soit cohérent avec les sujets et la charte graphique de la partie Univers personnel de mon site, avec ses fonds à l'encore de Chine.

Graphisme pour les adaptations de Philip K. Dick

C'est encore un work in progress. Pour l'instant, j'ai terminé les pages consacrées aux adaptations cinématographiques officielles de Philip K. Dick. Cinéma oblige, le dessin a laissé place au photomontage avec Photoshop et tablette graphique. Vous pouvez voir l'image de présentation ci-dessous, la colline d'Hollywood dans le monde cauchemardesque du magnifique Blade Runner, sous le regard de la superbe Rachel (Sean Young), androïde qui s'ignore :

 

Les adaptations officielles de Philip K. Dick au cinéma

Une chronologie permet d'accéder aux pages de chacune de ces adaptations, dont les plus fameuses sont bien sûr, Blade Runner, Total Recall (Paul Verhoeven, 1990), Minority Report (Steven Spielberg, 2002) et A Scanner Darkly (Richard Linklater, 2006). Pour chaque film, un texte résume l'histoire, les enjeux du film, ses qualités et défauts, et oriente vers les articles du blog qui traitent du film, s'ils ont déjà été publiés. Chaque film est présenté visuellement de la même manière, comme une affiche géante retransmise sur l'écran géant de Blade Runner

Blade Runner (Ridley Scott, 1982)

C'était la première adaptation, voici maintenant la dernière sortie au cinéma, L'Agence (George Nolfi, 2011) :

L'Agence (George Nolfi, 2011)

C'est un part-pris volontairement très simple, car je ne tiens pas à multiplier les images des films, je réserve cela pour les articles qui leur seront consacrés sur mon blog. Car dans ces articles, ces images pourront trouver un écho dans mes textes, alors qu'ici il s'agit d'une synthèse volontairement minimaliste.

Le plan du labyrinthe

Le dessin ci-dessous est reproduit sur chaque page, il s'agit du menu conçu, tout comme le bandeau de ma partie à la manière de pensée, comme des racines. J'aime mêler le fonctionnel et le symbolique de manière à intégrer les informations de manière organique dans l'univers sur lequel le graphisme s'applique. C'est pourquoi j'ai tenu à intégrer les affiches des films sur un écran, comme pour ancrer les informations dans le monde du récit.

menu-philipkdick.jpg

Je vous invite à vous rendre dans la partie de mon site Philip K. Dick et le cinéma pour découvrir toutes ces nouvelles pages et ces nouveaux graphismes. Il y a encore du travail à faire, c'est pourquoi certains des noms du menu ci-dessus ne renvoient pas à des pages. Mais cela viendra assez rapidement (je vous le promet). Je vous ferai part de mon avancée dans la suite de cet article, mais en attendant, je dois retourner y bosser !

Par Jérémy Zucchi - Publié dans : Philip K. Dick et le cinéma - Communauté : Passionnés de Graphisme
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L'auteur du blog

Je suis Jérémy Zucchi, né en 1986. Diplômé de Master d'études cinématographiques et audiovisuelles à l'Université Lumière Lyon-2 en 2009. Je prépare un essai sur l'esthétique des oeuvres de l'écrivain de science-fiction Philip K. Dick et de leurs adaptations. Je suis graphiste et réalisateur/monteur de films. Je réalise des films de fiction et documentaire, mais aussi des captations et autres films de commande. Je collabore avec les artistes Patricia & Marie-France Martin comme monteur et graphiste. En 2004, j'ai obtenu le Premier Prix au Concours Général des Lycées en Arts Plastiques. Pour plus d'info, voir mon CV

 

 

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Les adaptations cinématographiques des Philip K. Dick (Blade Runner, Total Recall...)

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