Partager l'article ! L'Agence (George Nolfi, 2011): ...
L’Agence est adapté de la nouvelle « Rajustement » (« Adjustment Team », 1954) qui avait déjà fortement inspiré Dark City (Alex Proyas, 1998).
Au lendemain de la défait du candidat favori de l’élection sénatoriale sénatoriale, David Norris (crédible et parfois touchant Matt Damon), il est séduit par le charme d'une danseuse incarnée avec insolence et grâce par Emily Blunt. Elle lui inspire son discours où il reconnaît son échec, discours qui lui vaut un regain de popularité. Plus tard, il la revoit dans un bus, mais des membres de l'agence lui apprennent qu'ils n'auraient jamais dû se revoir, selon le Plan défini en haut par un « Chairman » qui décide de l’orientation à donner à l’activité humaine. David Norris va tout faire pour retrouver celle qu’il aime, et déjouer le Plan.
De la courte nouvelle qui a inspiré le film, le scénariste et réalisateur George Nolfi a tiré une histoire romantique dont la fuite des amants rappelle avec moins de poésie et d’émotion le superbe Eternal Sunshine of the Spotless Mind de Michel Gondry (2004). L’Agence ne se situe pas à cette hauteur, il s’apparente plus à un film de poursuite en costard-cravate dans la lignée du médiocre Paycheck, mais le réalisateur a eu l’excellente idée de ne pas s’éloigner du cœur de son histoire, les personnages et leurs émotions. Certains moments sont à ce titre assez touchants.
Le film L’Agence ne s’embarrasse pas de science-fiction, les agents du Plan sont des individus à chapeaux et manteaux gris évoquant les Etrangers de Dark City, qui s’inspirait de la même œuvre. Leur QG est un vieux building Art Déco. Ce film est à ce titre un bel hommage à Manhattan et aux rêves de ces concepteurs, comme nous le verrons dans un article à venir évoquant l’idée du Plan, de la trame qui structure Manhattan, en rapport avec la structure du labyrinthe.
Le film aurait sans doute gagné à être moins timide, à rendre ses enjeux plus clairs, plus vitaux, et à accentuer son humour un peu absurde qui est très proche de celui de Philip K. Dick. Surtout, la fin du film est particulièrement décevante car précipitée et trop conventionnelle pour être pleinement satisfaisante. C’est donc un film honnête mais qui pêche par manque d’audace.